12 novembre 2008

12 novembre 1935

Il écrit pour de faux, comme lorsqu’il dormait sur ses cahiers de classe Clairefontaine à grands carreaux. Dans ses oreilles, depuis 3 minutes et 37 secondes, résonne la mélodie d’un passé dont il a brulé les derniers clichés numériques. Elle : sa main alanguie sur son épaule, la couleur de ses yeux le soir au bord du lit, le son de sa voix lorsqu’elle dit ses premiers mots au réveil. Tout ceci existe encore dans son cerveau peut-être inutilement entier. La blessure morte cause une douleur vive. Rien qu’une ablation du lobe préfrontal ne puisse régler.

Il songe à cette libération au bistouri électrique, imagine le viol de sa boite crânienne qui s’ouvre en croustillant comme une chips de pomme de terre, et visualise les dernières pensées s’envolant avec la section des connexions nerveuses de sa matière grise. Un jus rose comme du pamplemousse enduit la lame du chirurgien et il s’extasie devant la beauté de la couleur de sa chair cérébrale. Ou peut-être ne sait-il même plus reconnaitre une couleur ? Sentir un fruit ? Ecouter une chanson ?
Et ainsi, par-delà ce qu’il lui plairait de croire, sa raison humblement se rappelle à lui : douleur et plaisir sont nécessairement les revers d’une même médaille.

15 septembre 2008

"i'm fond of you"
elle lui dit ça
et lui il fond
il est comme ça
c'est parce qu'il voit
ceux qui le font
ils ont l'air bien
ils ont l'air bons 

5 septembre 2008

You look older everyday

Tu regardes les filles passer et elles ne te touchent plus. Tes mains tremblent quand tu ne bois pas. En écoutant Universe, tu te sens héroïque à peu de frais ; tu sens des larmes tièdes couler doucement sur tes joues et le jour qui se lève.

Tu la regardes sur un écran : elle vieillit à chaque seconde, sans toi. Tu ne sais plus si elle belle ou commune, c'est l'avoir qui importe. Tu trébuches en voulant accéder à son profil : il est inaccessible. Posséder une technologie de communication de pointe ne permet pas le viol des barrières privées, à moins d'en faire son métier, ce qui rapporte plus que pirate des mers.

Tu vas dans un bar qui passe "All I Do", la reprise de Stevie Wonder par les Cleptomaniacs. Tu as mis 10 minutes à retrouver le nom de ce groupe alors que cela t'avait pris une seconde lors d'un blind test enneigé il y a quelques années : tu vieillis. Tu avais commencé par l'impressionner par tes connaissances musicales, avant de la piéger par ta capacité à écrire.

Cette chanson te rappelle ta rencontre avec elle, à sens unique. Tu étais amoureux d'une autre mais elle t'avais intrigué. Tu la revois encore, seule au milieu de la foule, une grande blonde fière et si sûre d'elle. Jamais tu ne pourrais séduire une fille pareille. Et pourtant, si. 

Tu te remémores sa présence, le jour d'une rentrée lumineuse, là où tu ne l'attendais pas : près de toi. Une beauté hitchcockienne ne pouvait qu'aller dans la meilleure école, qu'elle atterrisse dans la tienne ne t'avais même pas traversé l'esprit. Tu t'entends te dire : "je ne pourrais jamais lui parler". 

Mais la vie est plus maligne que ça. Il y eut ce premier contact avorté, puis une rencontre par hasard qui devint une amitié accidentelle avant de tourner en amour puis en bourrique. Tu l'avais donc aimé depuis ce jour de mai de tes 20 ans jusqu'à cette respiration, là, tout de suite. 4 ans d'amour refoulé puis demi-avoué, déguisé puis déclaré, fait, affaiblit puis relancé. Une renaissance d'un sentiment que l'on croyait évanoui, un aveu maladroit mais inaltérable.

Tu t'es couché insatisfait car elle ne te lisait plus ; tes rides ne disparaîtraient jamais.

13 juillet 2008

THE ONLY ONE

I will be
the one, you'll see
I'm the only one
Yeah, I'm the only one
We belong together...

6 juillet 2008

Rudyard Kipling - If

If you can keep your head when all about you
Are losing theirs and blaming it on you; 
If you can trust yourself when all men doubt you, 
But make allowance for their doubting too; 
If you can wait and not be tired by waiting, 
Or, being lied about, don't deal in lies, 
Or, being hated, don't give way to hating, 
And yet don't look too good, nor talk too wise;

If you can dream - and not make dreams your master; 
If you can think - and not make thoughts your aim; 
If you can meet with triumph and disaster 
And treat those two imposters just the same; 
If you can bear to hear the truth you've spoken 
Twisted by knaves to make a trap for fools, 
Or watch the things you gave your life to broken, 
And stoop and build 'em up with wornout tools;

If you can make one heap of all your winnings 
And risk it on one turn of pitch-and-toss, 
And lose, and start again at your beginnings 
And never breath a word about your loss; 
If you can force your heart and nerve and sinew
To serve your turn long after they are gone, 
And so hold on when there is nothing in you 
Except the Will which says to them: "Hold on";

If you can talk with crowds and keep your virtue, 
Or walk with kings - nor lose the common touch; 
If neither foes nor loving friends can hurt you; 
If all men count with you, but none too much; 
If you can fill the unforgiving minute 
With sixty seconds' worth of distance run -
Yours is the Earth and everything that's in it, 
And - which is more - you'll be a Man my son!

5 juillet 2008

et je vois passer dans le ciel
des avions qui déploient leurs ailes
emmenant des gens dont je ne suis pas
dans ces ailleurs où tu n'existes pas

24 juin 2008

10, 9, 8, 7, 6, ...

C'est en rêvant aux îles Perhentiennes, à Bora Bora et aux Iles sous le Vent, que je me suis posé la question fatidique: les Polynésiens rêvent-ils de métropoles illuminées, ou même de vertes prairies anglaises? 
Rêve-t-on d'évasion lorsque l'on habite l'Eden? 
Existe-t-il des gens qui ne cherchent pas ailleurs une herbe plus verte car le sable des lagons leur est infiniment plus doux?

Perd-on notre temps ici, pendant qu'eux vivent au Paradis?


18 juin 2008

I forgot to forget you
Remembered it then lost the thought
I forgot to forgive you
Wrote it down then lost the note


Aquatique

Noyades d'été
Les mers domestiquées
Prisonnières de 4 murs
Ont décidé de se venger

Le regard bleu fascine
Elles attirent l'ennemi
L'homme qui les emmurent
Pour en jouir sans répit

Du murmure des filtres
Aux reflets d'or lisses
Les diamants bleus donnent le vertige
Aux enfants trop curieux

"Je suis peut-être démodé"

Les mots bleus
La nuit je mens
Angora
Lumière du jour
Evidemment
Cocktail chez mademoiselle
Tous les bateaux, tous les oiseaux
San Francisco
La noyée
J'en avais envie aussi
Gloria

1 juin 2008

La Belle Vie

Oooooooh la belle vie...
Sans amour
Sans souci
Sans problèmes...

25 mai 2008

Never Know
You can never know
If your friends are friends
Or friends are foe

never know
you can never know
if your friends are friends
or friends are foe

2 mai 2008

Trébucher

Les voyages d’affaires ne sont pas glamour, même lorsque l’on dine au champagne en classe première. Salles de réunion obscures et anonymes. Jargon obsolète dérivant dans les hautes sphères de l’idiotie humaine. Personnes t’enjoignant de ne pas t’habituer à un luxe auquel tu es pourtant accoutumé depuis ta naissance. Jalousie. Personnes, en général, qui te parlent comme si elles te connaissaient depuis des années. Qui s’imagine que la simplicité de leur esprit s’applique au tien. Pauvres diables. Pauvres. Diables. Monstres naïfs gaspillant leur vie avec le détachement d’un enfant devant un morceau de bois.

Voir Sébastien Tellier en concert puis mettre sa vie en comparaison de la sienne : jouer avec le feu. Tout à jeter. Il joue, il rit, il jouit. Je peine, je pense, j’expie. Se forcer à vivre une vie pas faite pour soi. Attendre le sauveur. Le miracle. Le salut. Un éditeur qui aime ton livre. Des lecteurs qui suivent. Un jeune homme se levant de son fauteuil un jour à 11h47 en criant “JE M’EN VAIS!”. Le bureau stupéfié. Rares sourires incontrôlés. Réactions empoisonnées par l’envie. Jalousie. D’un regard tuer les espoirs. D’une balle, les fantômes dans le placard. Signer du « D » de désespoir.

Les bonshommes fluo arpentent la piste. Les reflets orange sur les flaques de kérosène (vision inquiétante à dix minutes d’un décollage) me rappellent la présence de sang dans mes tempes. L’orange agresse, couleur nostalgique et criarde. Dans mes tympans, toujours des notes. Saccadées, denses, éloignées, suaves, acres. Lorsque je tapote mon clavier je joue avec la musique des mots. Le rythme du cliquetis constitue ma mélodie. Le piano résonne. La guitare claironne. Et mon cœur qui n’en finit pas de battre.

23 ans et des refrains démodés dans les yeux. Fatigue des voyages inutiles. Rêve de voyages immobiles.
C-O-deux N-A-R-D,
L’homme qui à mes côtés,
Vient de boucler sa ceinture de sécurité.

« Qu’est-ce que tu écris ? » s’enquiert-il. « Le jour où je le saurais, vous le lirez ».
Flashs incompris. Sur le tarmac strié. Le rouge aux joues. La fille aussi. Et nos yeux qui ne comprennent pas ce que nos corps disent déjà. C’était l’âge où tu regardais encore les lumières de la ville par les hublots embués, souvient-en. Les avions ne gardent pas plus leur charme que les amours d’été.

21 février 2008

back to the flash

Rêves sous Xanax

SOS la réalité est parfois

Plus dure à avaler qu’une gueule de bois

Entre deux clics se prendre une grande claque

Le petit trip qui te balance l’image de trop

Celle qui te tord les tripes

Comme un crochet qui lacère les boyaux

 

Des sourires comme une pluie d’acides

Des souvenirs où je ne suis pas

Et dans tes yeux bleus translucides

Un oubli qui ne pardonne pas

L’amour n’a jamais d’horaires

Mais bien une date d’expiration

 

Londres, mosaïque indéchiffrable

Une ville, non : un poème barré

Une limousine rose

Des filles déshabillées

Les lumières brillent scintillent éblouissent

Les pneus des taxis crissent

Et moi ici comme en terrain connu

Étrangement

10 février 2008

Ancora Tu

Ancora tu
Non mi sorprende lo sai
Ancora tu
Ma non dovevamo vederci più?
E come stai?
Domanda inutile
Stai come me
E ci scappa da ridere

Amore mio
Hai gia mangiato o no?
Ho fame anch'io
E non soltanto di te
Che bella sei
Sembri più giovane
O forse sei
solo più simpatica

Oh lo so
cosa tu vuoi sapere...
Nessuna no
Ho solo ripreso a fumare...
Sei ancora tu
purtroppo l'unica
Ancora tu
L'incorregibile
Ma lasciarti non è possibile
No lasciarti non è possibile...

26 janvier 2008

Tu ne sais rien

La musique tourne dans ma tête comme une bobine de film au bout du rouleau. Je vois des nuages voler à la vitesse de l’esprit, des vapeurs d’eau en traînées majestueuses derrière eux. Je ne joue pas de piano. Les notes que j’entends viennent d’ailleurs. Je ne veux pas savoir. Je ne joue pas de piano. Je ne veux pas savoir. Je reste le dos tourné à la porte d’où proviennent les notes cristallines. Elles se détachent insolemment, se succèdent dans un tourbillon désaccordé. J’ai peur et je ne veux pas savoir.

Le chat saute sur le lit. Je le dégage parce que si je le prends dans mes bras, il me griffera. Je ne veux plus qu’on me griffe, je veux qu’on me greffe : un cœur, un cerveau, des yeux. Pour changer de point de vue. A défaut, je bois. Je mélange les couleurs comme un peintre soucieux d’harmonie : rosé, rouge, blanc, crémant, vodka. Je teste les combinaisons et elles sont toutes aussi jolies lorsque je les rends sur la cuvette immaculée.

Les gens ne savent rien de moi. Personne ne sait rien sur personne. On a déjà du mal à se connaître, alors vous n’imaginez tout de même pas y arriver sur un autre. Non. Impossible. Psychologie : arnaque. Nécessairement. Les gens quittent votre vie en pensant que ce n’est pas grave. Ils viennent, arrachent un morceau de vous, et se barrent. Qu’ils parviennent à penser que vous ne souffrez pas, sous prétexte que vous continuez à sourire, dépasse l’entendement. À côté de ça, le mystère de la naissance de l’univers paraît risible.

Just To Keep You Satisfied

(...)
You set my soul on fire and my one desire was to love you
And think of you with pride
And to keep you satisfied

(...)

But if you ever need me I'll be by your side
Though the many happy times we had
Can really never outweigh the bad...

(...)

Now it's time for us to say farewell
Farewell, my darling
Maybe we'll meet down the line

It's too late for you and me
It's too late for you and I
Much too late for you to cry...

It's much too late...

25 janvier 2008

The Greatest Of All Time

Michael Jordan

MJ MOTIVATION

It's not about the shoes.
It's about knowing where you going.
Not forgetting where you started.
It's about having the courage to fail.
Not breaking when you're broken.
Taking everything you've been given
and making something better.
It's about work before glory.
And what's inside of you.
It's doing what they say you can't.
It's not about the shoes.
It's about what you do in them.
It's about being who you were born to be.

BECOME LEGENDARY

24 janvier 2008

fb

Avec Facebook, on devient « friends » avant d’être amis, avant de se connaître, tout simplement. Pourtant ce n’est pas nécessairement mauvais : cela réserve de belles surprises sur certaines personnes dont on se rapproche réellement, et les autres, en avait-on besoin en premier lieu ? Leur présence sur un carnet d’adresse ne nous engage à rien

Facebook apprend tout un tas de choses utiles : quand on va se marier, quel genre d’alcoolique on est, qui a couché avec plus d’un de ses contacts sur le réseau. La Pythie du XXIème siècle est arrivée, et elle révèle nos vérités aussi facilement que notre ordinateur aligne des 0 et des 1.

Étant un garçon très « fin de siècle », je n’ai adhéré à cette manie que sur le tard. Force est de constater qu’une fois l’addiction implantée, impossible d’y renoncer. Il y aurait de l’argent à faire avec des cures de désintoxication du monde virtuel.

En attendant ce jour, je m’amuse à planter des drapeaux sur une carte du monde à la précision qui laisse à désirer, j’envoie des messages à des gens qui les lisent à moitié, et j’essaie d’en faire passer par ma page, avec l’espoir que quelques fragments soient compris (par les gens qui comptent). Ce que l’on nomme « vie réelle » m’échappe de plus en plus.

3 janvier 2008




Mon premier roman est toujours disponible sur le site lulu.com
(http://www.lulu.com/content/1436826)

J'espère qu'il vous plaira!
Julien

26 décembre 2007

Erykah Badu obsession (lyrics from "Green Eyes")

Never knew that love could hurt like this
Never thought I would but I got dissed
Makes me feel so sad and hurt inside
Feel embarrassed so I wanna hide
Silly me I thought your love was true
Change my name to Silly E. Badu
Before I heal it's gonna be a while
I know it's gonna be a while, child

8 décembre 2007

Sweet Bitter Song

Lui

Sur moi partout des feuilles blanches
Et mes yeux dehors sur la nudité des branches
La musique infiltre les poumons
Et de l’Est le soleil arrive comme une chanson

Les rêves des amants sont mort-nés
Ils sont faits pour être brisés
Et si nous mourrons tous que promettre
A part ces jolies phrases dans les lettres
Voir ses erreurs prend du temps
Alors je reviens doucement

Des astres que reste-t-il
Sinon cette poussière sur tes cils
Je voudrais être là pour l’enlever
Assez d’espérer
Je veux t’embrasser

Elle

Partout chez moi des feuilles noires
Et mes yeux sur la neige qui couvre les trottoirs
La musique rebondit sur mes épaules frêles
Et vers l’Ouest s’envole une hirondelle

Les rêves des amants ont été tués
Tu as tout fait pour les briser
Si nous mourrons tous que promettre
Malgré ces jolies phrases dans tes lettres
Voir ses erreurs prend du temps
Mais j’ai compris maintenant

Des astres que reste-t-il
Sinon ces photos au fond d’un carton
Tu es dans ma tête mais tout s’effondre
Assez d’espérer
Je t’ai oublié

3 décembre 2007

Sans Elle

He was thinking about the girl he loved; she wasn’t.

“Where should we meet?” said the dream girl.
“Well”, he replied, “in my mind.”

28 novembre 2007

Pieces (of a man)

Une fille qui traverse la rue en courant pour rejoindre un garçon au volant d’une Renault 5 pourrie est indéniablement amoureuse.
Une fille qui court vers une Bentley Continental GT est également amoureuse. De la voiture.

*

Quand une femme en fait trop dans la démarche, le maquillage, les bijoux, elle est soit Cannoise, soit peu sûre d’elle. Les deux ne sont pas incompatibles.

*

Passé un certain âge, avoir comme seul argument « je t’emmerde » n’est plus acceptable.

*

Voir des filles sublimes est un supplice pour un homme, surtout pour un timide qui se dit qu’il n’aura jamais assez de toute sa vie pour en séduire une seule. Il se réconforte alors en pensant que ces filles mettent également les filles ordinaires à l’agonie, elles qui n’auront jamais cette beauté implacable.

*

Le problème n’est pas que je sois tombé amoureux ce soir, mais plutôt que ce soit arrivé trois fois.

*

Dans une pièce rouge tendue de fils de soie, j’ai vu une déclaration d’amour accrochée au mur et une fille nue, captive d’un bout de tissu bordant sa taille, une apparition nébuleuse débordant du cadre.
*
And I wonder
If you know
What it means
To find your dreams come true

29 octobre 2007

Larmes du crime

Ton insouciance
Je ne veux pas savoir
Ce qui balance
Je ne veux pas le voir
Tu es sur Terre
A l’opposé de moi
Pour te suivre je m’enterre
Tu restes loin de mes bras

Mon cœur trop bas ne bats plus
J’imagine tes yeux mi-clos
Je sais que tu t’en fous
Bercé par d’autres mots
Je voudrais mordre tes rêves
Avaler ton cerveau
Pour que ta vie s’achève
Dans mon ventre chaud

Larmes de crocodiles
Qui perlent sur tes cils
Tu joues la comédie
Je devine ton ennui

J’arracherai plutôt
Des lambeaux de ta peau
Elle est fragile

Et quand tu seras immobile
J’essuierai sans remords
Les larmes du crime

Lumière!

Les filles sont attirées par
Les cons les lâches car
Sans eux rien ne démarre
Une vie au point mort

Lumières rouges vertes blanches et bleues
Sur la piste danses et cries que tu l’aime
Ça ne veut plus rien dire pour moi
J’ai une compréhension limitée
De mon environnement

A force de si bien faire semblant
L’intrigue devient insoluble
J’ai du cambouis plein les mains
Ce moteur ne donnera jamais rien

Elle, éclipse

Eparpillés sur le sol, les cheveux blonds d’un soleil disparu. Le carrelage réfléchit mon visage blanc et froid penché sur les traces capillaires. Une larme coule et frappe la jointure de deux dalles, se répandant autour du carreau lisse où gît un cheveu enroulé. 10H33, le jour importe peu. Les semaines défilent et la liste des indices trahissant son existence rapetisse après avoir semblé interminable.

Nos fantômes ne nous quittent jamais.

Elle a disparu, et je survis dans l’éclipse. J’essaie. « Aimer les gens, c’est vouloir leur bien, c’est aimer les rendre heureux » écrit Sagan. Alors je l’aime. Je l’aime pour le soleil dans son sourire lorsque je lui préparais son petit déjeuner, je l’aime pour le soleil dans ses yeux lorsque je lui écrivais quelques lignes.

J’ai tenté d’envoyer des pages. Des pages entières noircies d’amour et de sanglots. Des lettres mortes.
Elle, absente, moi, l’absinthe.
Vomissements, c’est pudique : je gerbe. 70 degrés d’anis qui remonte la gorge en cramant tout l’œsophage au passage. Je reprends conscience plusieurs heures après, au matin. J’écarte ma tête de cette flaque de désespoir, je tente de me lever. Quand j’y parviens, je nettoie l’horreur de la nuit passée, en attendant de réitérer l’expérience. Je finirais bien par crever, elle l’aura cherché.

J’ai touché le fond, mais il est vaseux : impossible de s’y appuyer pour remonter. Et je me réveille seul.

- As-tu pris le temps de parler au passé ? – Non, j’ai parlé aux passants.