30 juin 2009
Balancements
Je vois les jolies blondes qui papotent puis s’en vont deux par deux, se tenant la main à travers les champs d’herbes moelleuses. Et pendant ce temps je découpe des poèmes et les répand sur mes yeux; les rayons du soleil font danser les mots comme des ombres chinoises portées par des bougies. Un chat ronronne puis s’endort, indifférent aux croque-morts en liberté qui fauchent la ville et notre blé.
Un peu plus tard, dans un bar ombragé de la ville, je m’assieds à une table pour enfants dans un lieu qui ressemble à une boîte de Lego. A quelques briques de mois, elle ne me regarde pas. Autour de ses cuisses, de la buée sur la chaise en plastique, sa peau nue sur le polymère expansé, et mon café à moitié renversé.
[...]
26 juin 2009
Encore pour moi
Pour moi
C’est une chanson si belle que mon prosélytisme musical disparait pour faire place à un égoïsme heureux; pour connaître le bonheur, ne forçons pas les autres à le partager.
28 mai 2009
Sur une terrasse moscovite
24 avril 2009
Ecrire seulement pour sentir les touches glisser sous ses doigts
Impossible d’être amoureux quand on est aussi froid
Et si tu me connaissais
Tu saurais ça
Je suis dans une phase incertaine
Tu es dans un certain palace
Le vieux qui achète ta glace
Vaut-il que tu lui laisses ta place
Dans les mondes inhabités
Qui remplissent mes pensées
J’ai cru t’assassiner
Un bout de ta robe dans mes mains
Froissé par l’énervement
Me donnait du chagrin
C’est un morceau de ma vie
Tu es une pierre de mon chemin
Mais j’essaie d’oublier ton évidence
Et je souffle sur ton absence
Absolument
Il se regarde beaucoup. Non pas qu’il s’aime démesurément, il est simplement conscient de son apparence et de l’importance qu’elle emporte dans le monde.
Il est parfois jaloux de lui-même, d’une mèche particulièrement bien placée sur une photo d’hiver, ou d’un regard malin dans un miroir de restaurant. Son image n’est pas qu’un reflet, elle vit indépendamment de lui.
Il ne sera jamais ami avec quelqu’un qui s’appelle Roy ; pour un garçon ou une fille, ce prénom est ridicule. Il aime critiquer les gens car ils n’existent que par lui. Ce n’est pas pour grandir son prestige, immense déjà, plutôt par altruisme. Il dit souvent des choses qui ne semblent pas avoir de sens, comme un défi à la logique et ses raisonnements absurdes.
Sur la glace lisse du restaurant 3 étoiles, il dessine parfois des moutons. Ou peut-être sont-ce des nuages, mais personne ne l’a informé de la différence. Les bulles de sa bière ressemblent à celles de son champagne, mais sa chemise sur mesure n’a rien à voir avec les fripes qu’arborent les marchands d’espace ventant leur supplément hebdomadaire comme une nouvelle venue du Christ sur terre.
Il écoute le papier journal crisser sous les doigts de la nymphe nubienne qui prépare son café, et se répète que le monde n’existe que pour son plaisir périssable. Il pense des phrases définitives. Sur la place enfumée.
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3 avril 2009
Beauté portée par le vent en été
Ebahi je suis et je suis emporté
9 mars 2009
11 février 2009
Farouche
Fighting battles every day
I send my armies against yours
And no one ever gets away
It seems I know you better
Even better every day
Yet my tactics never beat yours
And we fight for no man’s land
De tes cheveux sauvages
J’éponge mon front
Cette guerre est sans merci
Et ces baisers que je récolte au front
Sont la preuve que je t’ennuie
Si l’amour n’est pas violent
Il n’est rien tu aimes à dire
Je ne sais si j’ai raison
Mais la guerre devra un jour finir
21 janvier 2009
Evanescente
Et sur sa peau disparaissent
Les traces éphémères de sa tristesse
A la naissance de ses cheveux
Le ciel et sa peau se mélangent
Le bleu de ses yeux a dissous le temps
Une odeur et le tintement clair
D’un ongle sur le verre
Une lumière pourpre à travers mes paupières
Et une pensée
S’échappe de mon sommeil
Dans les draps froissés
L’essence du temps
14 janvier 2009
Variations sur un même temps
1 décembre 2008
A Thing For Me
12 novembre 2008
12 novembre 1935
Il songe à cette libération au bistouri électrique, imagine le viol de sa boite crânienne qui s’ouvre en croustillant comme une chips de pomme de terre, et visualise les dernières pensées s’envolant avec la section des connexions nerveuses de sa matière grise. Un jus rose comme du pamplemousse enduit la lame du chirurgien et il s’extasie devant la beauté de la couleur de sa chair cérébrale. Ou peut-être ne sait-il même plus reconnaitre une couleur ? Sentir un fruit ? Ecouter une chanson ?
Et ainsi, par-delà ce qu’il lui plairait de croire, sa raison humblement se rappelle à lui : douleur et plaisir sont nécessairement les revers d’une même médaille.
15 septembre 2008
5 septembre 2008
You look older everyday
13 juillet 2008
THE ONLY ONE
I will be
the one, you'll see
I'm the only one
Yeah, I'm the only one
We belong together...
6 juillet 2008
Rudyard Kipling - If
5 juillet 2008
24 juin 2008
10, 9, 8, 7, 6, ...
18 juin 2008
Aquatique
"Je suis peut-être démodé"
1 juin 2008
25 mai 2008
2 mai 2008
Trébucher
Voir Sébastien Tellier en concert puis mettre sa vie en comparaison de la sienne : jouer avec le feu. Tout à jeter. Il joue, il rit, il jouit. Je peine, je pense, j’expie. Se forcer à vivre une vie pas faite pour soi. Attendre le sauveur. Le miracle. Le salut. Un éditeur qui aime ton livre. Des lecteurs qui suivent. Un jeune homme se levant de son fauteuil un jour à 11h47 en criant “JE M’EN VAIS!”. Le bureau stupéfié. Rares sourires incontrôlés. Réactions empoisonnées par l’envie. Jalousie. D’un regard tuer les espoirs. D’une balle, les fantômes dans le placard. Signer du « D » de désespoir.
Les bonshommes fluo arpentent la piste. Les reflets orange sur les flaques de kérosène (vision inquiétante à dix minutes d’un décollage) me rappellent la présence de sang dans mes tempes. L’orange agresse, couleur nostalgique et criarde. Dans mes tympans, toujours des notes. Saccadées, denses, éloignées, suaves, acres. Lorsque je tapote mon clavier je joue avec la musique des mots. Le rythme du cliquetis constitue ma mélodie. Le piano résonne. La guitare claironne. Et mon cœur qui n’en finit pas de battre.
23 ans et des refrains démodés dans les yeux. Fatigue des voyages inutiles. Rêve de voyages immobiles.
C-O-deux N-A-R-D,
L’homme qui à mes côtés,
Vient de boucler sa ceinture de sécurité.
« Qu’est-ce que tu écris ? » s’enquiert-il. « Le jour où je le saurais, vous le lirez ».
Flashs incompris. Sur le tarmac strié. Le rouge aux joues. La fille aussi. Et nos yeux qui ne comprennent pas ce que nos corps disent déjà. C’était l’âge où tu regardais encore les lumières de la ville par les hublots embués, souvient-en. Les avions ne gardent pas plus leur charme que les amours d’été.
21 février 2008
back to the flash
Rêves sous Xanax
SOS la réalité est parfois
Plus dure à avaler qu’une gueule de bois
Entre deux clics se prendre une grande claque
Le petit trip qui te balance l’image de trop
Celle qui te tord les tripes
Comme un crochet qui lacère les boyaux
Des sourires comme une pluie d’acides
Des souvenirs où je ne suis pas
Et dans tes yeux bleus translucides
Un oubli qui ne pardonne pas
L’amour n’a jamais d’horaires
Mais bien une date d’expiration
Londres, mosaïque indéchiffrable
Une ville, non : un poème barré
Une limousine rose
Des filles déshabillées
Les lumières brillent scintillent éblouissent
Les pneus des taxis crissent
Et moi ici comme en terrain connu
Étrangement