12 avril 2010
Ile urbaine
27 mars 2010
Elle s’approche en souriant, ferme les yeux, pose ses lèvres sur les miennes.
- C’est plus clair ?
- Pas vraiment, mais au moins c’est plus agréable !
- T’es jamais content.
- Je le serai peut-être le jour où je comprendrai ce qui se passe.
- Comprendre… penser… réfléchir… pourquoi ne pas juste profiter de l’instant ?
- Parce qu’il ne veut rien dire s’il n’est rien de plus à tes yeux. Je veux bien vivre dans le moment, à condition de ne pas être certain que tu auras changé d’avis demain matin.
- Mais il n’y jamais rien de garanti, dans aucune relation.
- Exactement ; sauf qu’ici il y a bien une garantie : celle que tu me dises de partir demain.
Il y eut un bref nuage dans ses yeux, vite effacé par son sourire enjôleur. Bien des années après, je me souviendrais de ce moment comme l’une des nombreuses preuves de mon aveuglement volontaire, ainsi que pour tenter de lui pardonner ce qu’elle avait pris si peu de soin à dissimuler.
24 mars 2010
They're playing our song...
22 mars 2010
21 mars 2010
Dear diary, part II
Quelle étrange thérapie que de monologuer pour conjurer sa solitude. Seul face à un écran, je parle à moi-même pour toucher les autres - donc pour qu’ils m’aiment. Pourtant je me coupe de tout dialogue, afin de fantasmer mon importance sur leurs vies et de n’être pas confronté à ceux à qui je n’aurais jamais adressé la parole dans le monde physique.
Mon mal-être n’est pas bourgeois : il est universel. Car sans les siens, on peut se sentir loin de tout même au cœur de la civilisation. Se sentir au sommet du bonheur un instant pour plonger au fond du désespoir le suivant. Les délices de la ville qui ne dort jamais procurent une ivresse illusoire dont les vapeurs floutent la réalité pour quelques secondes, quelques heures ; hélas, l’indéniable solitude revient systématiquement frapper le rêveur. Il n’y a d’isolement heureux que volontaire : celui subit, particulièrement entre des millions de semblables, demeure une douleur aussi silencieuse qu’invincible.
19 mars 2010
Dear diary
Cette douce torture que de voir un couple se former, surtout un couple bronzé ; deux amants se regardant langoureusement, le corps couvert de soleil. Ces prémisses nous rappellent nos amours antérieurs, provoquant une bouffée de tristesse qui perle jusqu’au coin de ces yeux que l’on croyaient à jamais asséchés.
La gorge se serre, le cœur s’emballe, c’est le moment le plus triste et le plus beau de ma vie. On ne peut pas nommer cela : états d’âme, car elle n’est jamais statique; je vis sur un élastique émotionnel, et chaque jour est une succession de chutes et de rebonds. Ce bout de corde extensible me terrifie puisqu’il va nécessairement se casser un jour, tout comme l’élastique au cent unième saut.
Mais dans la même respiration, cet excès de vie me remplit de bonheur ; mes larmes ont un goût sucré. Et la perspective de la passion future, du “Prochain Amour”, tout à la fois me désespère et me réjouit.
17 mars 2010
Sur ma peau
Un soleil rédempteur brule les nuages putrides. Je sens ma peau renaitre, se tordre légèrement comme une tranche de bacon qui frit en se recroquevillant. Je respire l’odeur de cuisson épidermique, jouissant intérieurement à la perspective de mourir bien trop jeune pour avoir un cancer. La peau est le plus grand organe du corps humain. Étalée, elle pourrait recouvrir un terrain de tennis. Non, je confonds avec les poumons. Mais c’est tout de même vrai.
Je traite la mienne avec la désinvolture légère des amoureux secrets. Tandis qu’elle brunit doucement, poulet à la citronnelle dans son four à bois, je lui jette des coups d’œil furtifs. Je l’admire avec pudeur. Je lui écris des odes, des opéras. Elle rougit de cette attention, repousse tendrement mes avances.
Car cette peau que j’aime n’aime rien davantage que les autres peaux. Leur toucher soyeux, leur chaleur tranquille. De leurs effleurements jaillissent les prémisses d’une aventure, qui seule enflamme mon cerveau enfin amoureux.
9 mars 2010
Ad lib
éperdu égaré dans la douceur de ses lèvres
le dos râpé par les graviers de la grève
les yeux brillants par une nuit d'hiver
pourquoi appeler ce moment "hier" ?
c'est la perle de sueur au coin de sa bouche ourlée
le froissement murmuré par son chemisier
la soie que l'on file en allant trop vite
une mélodie que l'on n'oublie qu'à l'aquavit
ce baiser d'adieu avait un goût de revoyons-nous
cet au revoir à jamais n'était-il pas un rendez-vous?
27 février 2010
Insomnie
26 janvier 2010
La Belle, son Seigneur
20 janvier 2010
Quelque chose
***
Une nuit vagabonde sous les cieux éteints, et avec elle mon coeur qui s'épanche.
***
Si tu marques à l'encre ces pages blanches de ces idées fatiguées, c'est pour te retrouver seul parmi les autres.
14 janvier 2010
Helios
Tu as la peau des jours d’été
Et le parfum des lendemains
Pluvieux qu’on ignore sur l’oreiller
Attendant un jour qui oublierait sa fin
Tu as le parfum des jours d’été
De la peau caressée par le soleil
Enigmatique météore
Aux mains de feu et regard d’or
Sur-urbain
Pris d’un léger déséquilibre
J’arpente la nuit vide
Les trottoirs fleurissent à l’improviste
Et j’écrase quelques améthystes
Laccaires qui soupirent soudain
12 janvier 2010
Hugo à 39 ans
Je vais te dire un truc: je suis amoureux de toi. Encore ? Ben oui. Je sais, ca te fait chier. Ou plutôt, comment dire, ca t’ennuie. T’en as marre que je te le répète, je sais. Mais qu’est-ce que tu veux, je ne peux pas m’empêcher.
Inutile de me dire que c’est con, je suis au courant. Je t’ai dit, j’y peux rien. Bon, tu dois admettre, au bout de 10 ans, je suis sincère ou j’ai un problème. OK, peut-être les deux. Quoi qu’il en soit, je crois avoir prouvé mon argument. Par l’expérience. J’en ai pris pour 10 ans, tu te rends compte? C’est quasiment au niveau du meurtre non prémédité, ce qui est sans doute une bonne description de la façon dont j’ai traité mon avenir amoureux. Le nombre de filles que j’ai pu chasser après quelques heures, quelques jours, quelques mois... Crime : ne pas te ressembler assez. Ou trop. En fait : ne pas être toi. Imparable.
Et en même temps, je n’ai jamais vraiment fait d’efforts pour te retrouver, passé les premiers soubresauts. Ta raison me terrorisait. Ta froideur. Un véritable super computer des sentiments. Carrière, carrière, carrière. Remarque, ca t’as réussi. Tu es là où tu rêvais d’être, sans doute. A quel prix, je te laisse le soin de calculer. Moi j’ai fait les comptes depuis longtemps, et les zéros s’accumulent aussi bien sur le compte en banque que dans ma vie sentimentale et « privée ». Quel drôle de concept : vie privée. On devrait dire: vie non professionnelle. Puisqu’il n’y a plus que ca qui compte.
11 janvier 2010
Banalité
J’ai toujours trouvé qu’un baiser était plus excitant que baiser. Peut-être parce qu’une promesse est plus enivrante que sa réalisation.
8 janvier 2010
Transi
Je suis rentré seul avec mes souvenirs, et sous mes yeux j’arbore nonchalamment les traces de cette nuit sans toi. Ces mots sont inutiles : j’ai rencontré tes lèvres. Et mon corps qu’on arrache à ta ville se tord comme la feuille vivante que l’on offre au feu. J’ai sous la peau une sorte de tatouage à l’envers, une image de ton sourire dans l’ombre des lumières de la place Darcy.
N’emporte pas ce qu’il reste de moi. Laisse-moi une journée, une heure, un mois. Qu’importe où tu vas, je te suis. Buvons à ta solitude manquée, à tes futurs appels au secours, à ton besoin d’hostilités et tes rêves de lassitude. Lorsque la mort, cette idole aux dents de soie, t’aspirera vers le néant, j’aurai déjà bu ton cœur jusqu’a la lie.
La conscience du malheur
Celui qui n’a jamais conçu sa propre annulation, qui n’a pas pressenti le recours à la corde, à la balle, au poison ou à la mer, est un forçat avili ou un ver rampant sur la charogne cosmique. Ce monde peut tout nous prendre, peut tout nous interdire, mais il n’est du pouvoir de personne de nous empêcher de nous abolir. Tous les outils nous y aident, tous nos abîmes nous y invitent ; mais tous nos instincts s’y opposent. Cette contradiction développe dans l’esprit un conflit sans issue. Quand nous commençons à réfléchir sur la vie, à y découvrir un infini de vacuité, nos instincts se sont dirigés déjà en guides et facteurs de nos actes ; ils refrènent l’envol de notre inspiration et la souplesse de notre dégagement.
Cioran, philospohe dont l'existence démontre ses convictions philosophiques, lui qui vécut jusqu'à 84 ans sans jamais se résoudre à se donner la mort.
6 janvier 2010
2010
Arrêtez de vous reproduire
Arrêtez de croire
Arrêtez de penser
Arrêtez d’aimer
Arrêtez d’agiter
Arrêtez de vivre
22 décembre 2009
Blanc
15 décembre 2009
Souvenirs de coeurs épargnés: E.
Cette nuit j’ai rêvé de toi. Nous nous serrions comme deux amis, mais très longuement. Puis j’ai voulu t’embrasser comme un amant. J’ai pris ton visage entre mes mains, et il y avait des larmes le long de tes joues. Je t’ai demandé si je pouvais t’embrasser. Tu t’es retournée pour cacher tes yeux rougis. Tu m’as dit que tu avais souffert trop longtemps d’avoir attendu ce moment, que ce n’était pas juste que je change d’avis, que je me décide maintenant. Tu m’as dit que tu avais peur. Tu étais si belle, et je sentais encore la chaleur de ton corps sur moi. Je suis revenu près de toi, j’ai caressé tes cheveux et je me suis penché tout doucement vers tes lèvres entr’ouvertes. Nous nous sommes embrassés, et désormais je ne veux plus sortir du doux brouillard qui m’entoure depuis ce matin. J’ai ton regard gravé sur mes rétines, comme lorsque l’on regarde le soleil pendant un instant et que les cercles rouges persistent même lorsque l’on ferme les yeux. Je sens encore le parfum de ta peau dorée, son goût de soleil et de sel dans le cou. Je frissonne au souvenir de tes mains fines parcourant mon corps, de tes bras serrant mon dos. J’aimerais te le dire, mais la pudeur me l’interdit, en tout cas c’est ce que mon ego veut faire croire. La réalité est plus simple et banale : ce rêve, je suis le seul à l’avoir fait. Toi, tu es loin, près de la mer et du ciel azur, la tête dans les nuages ou sur l’épaule d’un autre que moi. Et la confiance que les années nous procurent ne pourra jamais effacer les heures passées à espérer un mot, un regard, un contact accidentel de la plus jolie fille du lycée. La fille que l’on trouve belle devient toujours la plus jolie dans nos souvenirs révisés. Alors, malgré bien d’autres amours depuis, on se retrouve hébété un matin au réveil, rêvant encore de la farouche belle à qui l’on ne pourra jamais avouer nos envies.
23 novembre 2009
Scintillements provisoires
Il poursuit des rêves comme on chasse l’éléphant blanc, perdu dans une jungle de non-dits touffue, irrespirable. C’est le gris qui l’entoure, gris du béton, gris du ciel, gris de sa peau, gris des voix, gris de leurs yeux, gris des fumées d’échappement, gris des arbres étouffés et gris des vêtements-uniformes.
Il lui faudrait la mer et son infini illusoire, le vent salé qui écorche la peau, le soleil inlassable qui éclaircit les cheveux. Les filles qui découchent et que l’on adore. Les filles dorées comme les couchés de soleil éternels, ces couleurs que l’on croit toujours uniques mais que l’on retrouve soir après soir, année après année, avec cette ressemblance si unique qu’elle se confond au crépuscule originel.
Il voudrait des filles longues, lascives, élégantes, élancées. Des filles que l’on caresse du bout des ongles pour faire naître les frissons, des filles que l’on embrasse du bout des lèvres après les avoir trempées dans du Château d’Yquem, des filles que l’on séduit une nuit et qui nous hante une vie.
"ST 67" (idée de scène)
Sur la mer, le soleil crépite en milliers d’éclairs. Il envoie sa lumière pour nous photographier, et sous son regard éblouissant nous sommes tous des étoiles. C’est une fête sans la fumée, une soirée sans la nuit, un oubli sans lendemain. Je bronze en m’enivrant, je me trouve de plus en plus charmant. Alors je la vois, avançant au travers de la foule à petits pas de chat, doucement, sans faire de bruit sur le sable, sans heurter d’épaules viriles ou nues. Soudain elle est devant moi. Elle a des yeux grands comme des univers. Je me rappelle que l’on se connaît.
Ce sont les vibrations que ta voix crée qui me déstabilisent : les ondes s’entrechoquent contre mes neurones fragiles et perturbent toutes les transmissions d’information. Silhouette luminescente, yeux aux bleus polysémiques, épaules électriques et lapidaires. Si tu apportes le rosé, j’amène les glaçons ; si tu me donnes ta peau, je fournis les frissons. Je vois miroiter l’or et la platine enchaînés sur ton cou et soudain je voudrais être un aimant pour n’avoir d’autre choix que de me serrer contre toi.
Des veines bleues battent sous ta peau translucide que j’aimerais embrasser en buvant l’eau salée que la mer y a déposé.
La jeune fille au corps tendre
Lentement ferme sa bouche
Rêveuse, d’émoi ses joues s’empourprent
Visage d’ange
Dans des cheveux d’or
16 novembre 2009
Souvenirs de coeurs épargnés
De cheveux soyeux en chevilles célestes, elles m’ont fait perdre la raison sans que je puisse leur montrer. Je les inventais de loin, perdu dans la contemplation de traits physiques qui devenaient qualités morales, créant de toutes pièces mes archétypes amoureux. Au gré de mes fantasmes leur perfection s’affirmait, me rendant incapable de leur dire plus de quelques mots, bredouillés lors de nos rencontres au hasard de couloirs d’établissement scolaires dont la morne banalité sublimait leur halo de grâce.
Médusé par ces muses, je passais mon adolescence et mon passage à l’âge que l’on dit adulte dans des châteaux de sable que toute confrontation au réel auraient écrasés.
Dans ces histoires vécues, les filles sont donc moins réelles que dans un roman, malgré leur existence avérée : tout indique qu’elles n’ont vécu que dans mon imagination. Pourtant je me souviens d’elles et je rêve encore parfois de les revoir et d’oser les aborder comme l’homme que je ne suis pas devenu. Armé de la quiétude de la chambre où j’écris ces mots, je lance des déclarations d’amour virtuelles, sans aucun espoir qu’elles atteignent leurs destinataires. Je veux les écrire pour prouver qu’elles existent comme dans mon souvenir, et que mes passions, pour insensées, n'en furent pas moins bien réelles. Ainsi, elles deviendront plus vivantes à mes yeux qu’elles ne le furent jamais lorsqu’elles passaient devant moi, inconscientes d’être le centre de mon univers, aussi insouciantes que le soleil.
* * * * *
Anne
Comment se souvenir de quelqu’un que l’on n’a pas oublié ?
Le choix de la musique est essentiel ; pour convoquer son image, il faut une chanson au son granuleux comme le frottement délicat d’une allumette sur une boîte en carton, un soir d’hiver.
Puis une batterie et une basse qui l’entraînerait dans une danse hypnotique où ses yeux clos laisseraient le rythme pénétrer son corps, ses doigts papillonnant autour de sa silhouette découpée dans la pénombre par une lampe posée à même le sol.
Je l’imagine jeune Uma Thurman dansant sur Girl, You’ll Be A Woman Soon, dans Pulp Fiction. Elles partagent une caractéristique rare : être aussi belles brune que blonde ; dans les deux cas, une couleur pure – l’or pâle ou le jais – formant une fine enclave autour du visage qu’illuminent deux yeux de reine alanguie. Curieusement, c’est Femme Fatale du Velvet Underground qui m’évoque le plus Anne. Nico susurre la beauté d’Edie Sedgwick avec l’ironie mordante d’un texte écrit par Lou Reed. Au-delà de la musique, dont le tempo langoureux et les accords savamment saturés semblent écrits pour elle, c’est l’humour utilisé pour évoquer cette femme fatale qui me parle d’Anne. Car cette femme dont les hanches roulent avec une sensualité italienne garde le sourire malicieux des enfants espiègles. Les courbes épurées sculptant son corps de Vénus sont soulignées avec élégance par des tenues à la simplicité latine, mêlée d’un soupçon d’extravagance britannique. Et de son air secret déborde un érotisme dont la chaleur rougit mes joues à chacune de mes rencontres avec elle. Anne est ravissante : je voudrais la ravir, c’est-à-dire l’enlever, au sens étymologique.
Ayant évoqué la volupté promise par son corps, même à mots couverts, je sais qu’il semblera hypocrite de dire mon attirance pour son âme. Cependant, sa beauté nonchalante de princesse antique ne me hanterait pas encore si ses yeux n’avaient pas exprimé un mystère que je serais bien en peine de traduire ici. Lors de mes rares conversations avec elles, son esprit m’a paru si original et décalé que j’ai parfois songé qu’il s’agissait de frivolité, ou bien d’une légère folie. Une longue fille douce à l’excentricité frôlant la folie… Oui, cette impression joua sans nul doute un rôle déterminant dans mon attirance définitive pour elle.
Je rêve de longs voyages en Crète et en Italie avec elle. Nous partirions sur des voiliers à la blancheur aveuglante, plongeant de ponts au bois chaud dans les flots turquoise, azur, céruléen. Prenant le canot de transit, nous irions nous étendre à l’abri de criques désertes, où la chaleur du ciel ne serait rien en comparaison de celle de sa peau sur la mienne, et le Zéphire une simple brise emportée par la tempête de nos souffles déchaînés. Sa présence rendrait ma vie aussi voluptueuse que ses lèvres auxquelles je viendrais me rafraîchir à toute heure de la nuit et du jour. Et ses yeux plus profonds que la Méditerranée, dont elle est souveraine, feraient de moi le naufragé volontaire le plus heureux depuis Ulysse s’abandonnant aux chants des sirènes.
6 octobre 2009
Longing for Lingering Kisses
19 août 2009
Généralités particulières
« Viens à moi, enchaînée, traverse le chemin de croix qu’est cette mappemonde en mondovision, agenouille-toi pour reconnaître ton maitre et sauveur, l’unique fils de cet ivrogne que vous nommez Dieu et qui vous créa en renversant du whisky sur son feu de camp interstellaire, faisant de cette planète l’enfer-rôtissoire qui te terrorise tant. »
« Léa, Léa, Léa, … » L’appel sans réponse se transforme en fredonnement, une comptine innocente où l’on finit par percevoir un sadisme froid dans le chevrotement des « lalalalala », comme une peur panique de voir le dingue se lever d’un bond en plantant son couteau de boucher dans l’œil d’une petite fille passant là par hasard. Dans un monde si pauvre que l’on doit inventer des technologies de « réalité augmentée », sa figure boursouflée crève les yeux des chèvres grelottant sur la berge en tenant serré contre leur ventre cette progéniture dont ils préfèrent laisser à plus tard de la découverte de l’horreur absconse de la folie des hommes.
A story about murder.