8 mars 2007
6 mars 2007
ailleurs
Effacer enfin
Pour devenir sans paraître
Aimer un jour sans fin
Respiration légère
Oubli sans effort
Au-dela des airs
Le silence est d'or
22 février 2007
Interlude autobiographique : écrire
J'adore les écrivains qui donnent l'impression d'écrire avec leurs doigts de pied entre 2 parties de backgammon avec un cocktail à la main. Ils éblouissent les novices. Mais les initiés connaissent la véritable identité des ''génies'' (n'abusons point de termes définitifs). La réalité, pour moi, est plus belle encore : les écrivains ''branleurs'' existent peut-être, mais vous n'en avez jamais entendu parler. Parce que ça prend du temps. Que la littérature, à moins d'avoir des nègres ou d'écrire avec un logiciel de création de roman acheté 55€ à la FNAC, est un TRAVAIL (ciel, un gros mot).
On peut ''poser'' en branleur génial, la réalité comporte plus d'heures à taper sur un clavier ou à se foutre de l'encre plein les doigts (quand on écrit trop vite l'encre n'a pas le temps de sécher, on se retrouve obligé de mettre une autre feuille par-dessus le texte pour ne pas acheter de buvards qui rappellent l'école primaire) que d'heures au bord de la piscine une bouteille de champagne à portée de main.
30 janvier 2007
(je ne veux plus) parler
Jamais d’entre-deux entre nous, les danses n’ont qu’un temps mais avoue, tu l’as aimé bien avant toi-même
Une bonne chanson ne peut pas durer moins de 7 minutes. 7 est un chiffre sacré
J’ai froid et personne
J’ai toi et
Plus qu’une mélodie tu es une ode
Au-delà des abysses de tes yeux
La triade de la vacuité : marc levy dan brown guillaume mussot
Les drapeaux claquent dans le vent les drapeaux claquent dans le sang
Fleur de saison sel sans raison mythe extatique
Mystique
23 décembre 2006
Hugo le parisien
Une bonne soirée peut vous faire oublier un tas de choses futiles et désagréablement persistantes : l’esprit de noël, une fille qui vous largue, un téléphone qui rend l’âme. L’avantage dans ce dernier cas étant que l’on n’attend plus désespérément d’appel de la fille susnommée. Ce qui est déjà beaucoup.
En partageant mes considérations avec Marissa (était-ce vraiment un prénom ?), j’ai remarqué que son chemisier s’ouvrait généreusement vers des contrées que j’eusse souhaité inexplorées. Sous la dentelle, une chair tendre mais ferme s’étendait, formant une sorte de parc d’attractions pour adulte consentant. Ses tétons auraient pu frotter l’intérieur de ma main, j’aurai caressé le galbe du sein avec douceur…comme 127 types avant moi. Pénible passé. Ma main a fait mine de se diriger vers son genou délicat, puis elle s’est levée. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il y avait un lien de causalité. Pas farouche, mais pas facile non plus, l’Allemande. Après tout, je n’avais pas encore eu le temps de décider sous quel régime matrimonial nous nous serions mariés et quels seraient les prénoms de nos 3 enfants. Il n’y avait donc pas mort d’homme.
Marieke m’a rejoint prestement. Etais-je dans une soirée cosmopolite ou une chanson de Jacques Brel ? Je peinais à déterminer l’explication la plus plausible, le whisky jouant, lorsque j’ai senti un effleurement appuyé dans le bas de mon dos. Décidément, je ne comprenais rien à l’art de la séduction. Il me semblait pourtant plus logique d’avoir du succès avant d’être réduit à expérimenter les remous d’un canapé (qui ne bougeait pas il y a encore quelques heures). Bref. J’ai tenté de focaliser mon regard sur sa poitrine, mais je ressentais bêtement le besoin de voir ses yeux. Je l’ai laissé promener sa main – après tout je n’avais pas particulièrement d’objection à sa familiarité, et quelqu’un devait bien s’y coller. En l’espèce, il apparaissait crucial de parvenir à monter à l’étage, de trouver une chambre et l’imagination nécessaire pour bander. Le reste irait de soi. J’ai fermé les yeux un instant pour savourer l’instant (et laisser ses lèvres approcher).
Lorsque j’ai ouvert mes yeux, j’ai eu envie d’assassiner le light jockey : une lumière aveuglante envahissait le salon. Après une minute d’inadaptation, j’ai constaté que celui-ci était désert. Une autre minute a passé avant que je ne regarde ma montre. Une dernière m’a été nécessaire pour vérifier que je n’avais aucun souvenir de la veille. Marieke m’avait probablement violé sur le canapé avant de me laisser là, proie désirable offerte en pâture aux charognards. Ou alors elle était partie très vite après ma phase narcoleptique. Je penchais subtilement pour la deuxième hypothèse, étant un esprit d’une vivacité intellectuelle impressionnante, surtout à 10 heures un samedi matin.
Je me suis tenu à l’accoudoir afin de retrouver un peu de dignité (et une posture verticale), puis ait rassemblé mentalement mes affaires : une veste couverte de particules jaunâtre (mes amis les chipsters), une écharpe couverte de particules grisâtres (mes ennemis les cigarettes), et une bouteille de champagne rosé d’un cru prestigieux (sauvagement vidée et laissée pour morte au coin d’un fauteuil). Personne autour : mon honneur, ou au moins ma réputation, était sauf. Ne resterait plus qu’à pirater les blogs des connaissances qui publieraient les photos désobligeantes de mon triomphe, et le tour serait joué.
En sortant dans le parc embrumé de l’hôtel particulier, j’ai réajusté mon col et mon écharpe. Je me suis retourné vers la maison, ait pris une grande respiration pour éviter de vomir, puis suis reparti vers la grille. Dehors, le monde tournait. Cela ne m’a guère surpris, malheureusement.
Le sol gelé offrait une étendue blanche à mes yeux fatigués ; debout sur le muret longeant les quais, je tentais d’équilibrer mes pas avec mes bras comme balancier. A priori, j’avais donc bu plus que de coutume hier soir. Je me suis souvenu que plusieurs de mes camarades de promotion était morts de leur bêtise alcoolisée et suis redescendu sur le trottoir. Une vibration a secoué ma poche et m’a fait bondir : une minute de plus sur ce foutu muret, et j’étais bon pour un bain dans la Seine. Saloperie de whisky.
- Qui ose me déranger à une heure si indécente ?
- Bienvenue dans le monde de ceux qui bossent mon grand.
- Alexandre, sombre crapule.
- Bonjour mon cher Hugo.
- Tu me gonfles, Alexandre !
- Attends, ne commence pas où je t’éclate la tronche !
- Ah ah ah !
- Petite enflure. Bon, à part ça ?
- Ben tu viens quand même de me faire frôler la mort. Heureusement, j’ai plus d’esprit que toi.
- Quel dommage ! Enfin un fait divers que j’aurai pu épingler sur mon tableau d’honneur.
- Vous êtes trop bon mon cher. Mais que me vaut le désagréable plaisir de t’entendre avant même d’avoir avalé autre chose que ma salive ?
- Ta soirée s’est bien passé hier soir ? Enfin, c’est une question rhétorique, tu l’auras compris. Je regarde en ce moment même le film de tes tristes exploits sur le site de cet adorable Gautier.
- Parasite !
- L’argent procure trop de temps libre aux héritiers, que veux-tu… Cela dit, tu mérites amplement ces quinze minutes de gloire. Avec un peu de chance, tu seras repéré sur le net par… disons… un publicitaire travaillant pour le Valium ?
- Alexandre, je ne suis pas d’humeur pour ton humour.
- Ton élégance linguistique m’étonnera toujours.
- Get over it.
- Bon, je te laisse. Essaie d’arriver entier chez toi. Quoi qu'en fait je m’en tape complètement.
- C’est ça ! Allez, casse-toi, vieille buse.
La saison des pluies n’a pas encore frappé le ciel parisien. Les nuages nous foutent la paix pour quelques semaines encore, et j’en profite pour éviter le métro et ses tarés atteints par la température ambiante. Dans mes oreilles, du Prince cuvée 1982. Des synthés furieux électrisent mes oreilles et font bondir mes épaules en rythme (enfin j’espère). Je croise trop de jolies filles pour avoir honte : la prochaine sera toujours mieux. Le soleil rasant pourrait donner un air mystérieux au premier clone de Lolita Pille venu, mais je remarque que l’effet fonctionne aussi avec un labrador que j’aperçois attendant le bus. Précision : le labrador n’attendait pas le bus seul. J’ai vu son maître, je ne prends pas de drogue – enfin pas si tôt.
20 décembre 2006
Les clés d'or
altitude princière
Sans efforts
Une grâce amère
Temps mort
Chaleur légère
Quand tu bois un verre
Du rouge sur les paupières
Chaleur qui monte aux joues
Des jeunes filles aux yeux froids
Je glisse vers leurs cous
A leurs corps défendants
Je prendrai ta main
Lorsque tu t'y attendras le moins
Je prendrai ta main
Entre deux lendemains
Cachée par ta frange
Du coin de ton indifférence
Frappée par l'allure princière
Du sang décadant
7 décembre 2006
1 décembre 2006
avril 14th
Et puis j’ai compris en te voyant que le monde réserve autre chose ; bercé par des notes de piano cristallines, j’ai su à ton sourire que la beauté n’existe pas que dans les livres et les expositions. Entre deux respirations lourdes de conséquences, nos lèvres ont réduit les distances. Les fleurs flottaient à la surface de l’eau qui formait un miroir aquatique. Des chevaux dansaient autour de nous, et, à la lumière du jour, on distinguait des reflets de clair de lune. Ma voix s’est perdue dans le creux de ton oreille. Aspiré par l’attraction, subjugué par ton odeur, je me suis perdu dans ta chevelure, j’ai plongé dans ton cou frais comme un lit d’été. Derrière le petit muret de pierre, là où je t’ai rencontré il y a quelques vies, nos mains se sont accrochées. Les tiennes étaient un peu plus grandes que celles de l’enfant qui jouait du piano et me faisait languir, mais avaient la même douceur, le même goût de vie.
J’ai bu tes lèvres comme une solution miracle, j’ai serré ton corps porteur d’ailleurs. L’éternité suspendue à une mèche de cheveux balancée par le vent, ton pull qui se soulève pour me laisser entrevoir ton ventre. Au loin, des enfants qui rient et qui jouent ; en nous, des vies qui se font et rendent fous. Ivres de tes mots, des larmes de joie au bord des yeux, un peu trop de champagne, sublime perte de notion du temps. Dix ans et autant de mariages auront été nécessaires. Sans doute aucun ne fut-il de trop pour nous faire comprendre. J’avais longtemps séparé comprendre et faire, avant que cette petite fille ne nous prenne par la main. Poupée de cristal aux boucles d’argent, fée innocente belle comme notre enfant, apparition indéniable. L’évidence de son geste, la pureté de ses yeux, nos regards apeurés. Nous nous sommes promenés dans un champ de blés plus hauts que nous, peinant à distinguer le soleil des épis. Un instant, j’ai confondu ta nuque avec l’horizon, mais ce devait être la chaleur. Puis, comme elle était venue, l’enfant est repartie, laissant nos corps aux prises avec ce vide impossible à combler. Le temps était venu pour nos peaux de s’épouser après s’être frôlées, pour nos cheveux de s’emmêler après s’être effleurés. Il était temps d’aimer.
28 novembre 2006
flamme léthale
C’est fatal
Quand elle tombe
Tu te fais mâle
Elle force le trait
Forte de rien
Entre ses reins
Ton corps bat le sien
sous terre 1
don't believe in yourself
don't deceive with belief
knowldege comes with death's release
Oh!
Tentatrice dévouée, tes yeux francs appellent le monde à ton amour, ton odeur m'envahit par rafales, je suis à tes genoux attendant la délivrance, tranche ma nuque ou embrasse moi mais pose tes mains sur moi.
Tu pars et je reste coi.
27 novembre 2006
apocalypse apocryphe
Quoi qu’il se passe je ne connais que les grands écarts, les erreurs statistiques ; je fuis les moyennes par tous les moyens.
J’ai demandé leur avis à des gens dont l’opinion ne compte pas, et j’ai eu peur de le faire lorsqu’ils avaient une importance.
Quoi qu’il arrive, on peut toujours défendre une idée de deux façons différentes.
J’ai vu des clowns se transformer en clones, j’ai vu des empires dépérir en souriant j’ai vu des empereurs périr en regardant les ombres fébriles,
j'ai vu des ombres rôder autour de moi, j'ai vu la lumière se répandre partout sauf là où elle aurait dû, j'ai vu la fin du monde avant même qu'il n'ait commencé, je suis l'avoir et j'ai l'être, dans mes lettres, mes élèves, mes lopettes, j'ai vu des armées s'agenouiller devant un enfant roi, j'ai vu des forces sans nom assassiner des suppliants-du-bout-des-lèvres
Le règne arrive
tremblez vos membres fragiles brisés périront par les
flammes
26 octobre 2006
Rayons X
étudiant, tu traînes dans un semi coma éthylique pendant 3 ans, les filles ont encore toutes des corps fermes (et peu sont fermés), tu les regarde engorger toutes les rues, au début sans trop y croire, ensuite sans trop y toucher, et puis au final tu entres dans ces bouches ces culs ce monde, les retours de soirées sont peuplés de gens si formidables que tu les trouve « formidaux », la vie est large, dégagée et sans conséquences pour 1000 nuits sans prix dont la valeur ne te frappera qu’une fois entré dans la réalité, si éloignée de l’idée que tu t’en faisais. Elevé à penser que la liberté s’acquiert avec l’âge, tu prends une claque monstrueuse en réalisant que l’avant-goût de bonheur humé durant ta vie étudiante représente ce que tu n’auras jamais plus.
Le métro a des airs de communauté hippie avec ces wagons de sup de co venant d’Assas, ces HEC en 3ème cycle à Dauphine, ces diplômés de lettre en stage dans la multinationale familiale. On te raconte que l’aristocratie est morte mais la voici devant tes yeux s’ébattant joyeusement, de tapes dans le dos en mains dans le string, tout un petit monde qui fricotte, s’encule et se congratule pour le bien de l’avenir des privilèges hérités. L’avantage : ces gens ne sont pas agressifs, tout juste méprisants, et encore, puisqu’il n’est nul besoin d’en rajouter lorsque le pouvoir est si désespérément collé à un seul côté de la barrière.
16 octobre 2006
Etre sans lyrisme passe ton chemin
Dans ces moments-là, je voudrais rester des années entières allongé au soleil. Une sieste infinie, me poser comme un gros chat, les yeux mi-clos, ronronnant, les rayons sur le dos et les flancs. Me déplacer avec souplesse, sans un bruit, voir les passants sans être vus, ou si rarement.
La lumière nourrit le vide froid en moi. Elle me donne envie de peau hâlée, d’être loin, d’être seul ou finement accompagné, de vivre une journée qui se répète à l’infini, d’eau, de sable, d’arbres. De naturel. De liberté, vivre sans montre, sans objectif, sans idées. Une vie entière à compter les grains de sable égarés sur le dos d’une fille aussi grande que l’inconnu, qui s’étire comme une enfant au réveil. Voir dans ses yeux le reflet d’une sensation, écouter sa voix comme si elle s’arrachait aux flots turquoises mélodiques. Des vagues douces comme les accords de Ben Kweller, des airs d’opéra dans la tête, des paillettes de couleurs vives quand on ouvre les yeux.
Passer une journée à suivre les vaisseaux sanguins de l'œil rendus transparents par le soleil. Gorger son être de la lumière rouge profonde qui rappelle celle de la mère, il a y longtemps. On pourrait se réciter des vers de Valéry Larbaud, ou de Baudelaire, de poètes ayant connu l’insoutenable beauté du non-être, qui fusionnèrent avec la terre et devinrent les pays qu’ils regardaient. Contemplant du haut des siècles de la colline du Parthénon un paysage vierge d’explication, leur langue s’éloigna de l’humain pour entrer dans les fondements du vivant aussi bien que de l’inanimé.
Les inimités se nourrissent des nuages qui brutalisent nos villes sans pardons. Sous la voûte dégagée, les âmes s’envolent avec légèreté.
11 octobre 2006
Talisman
La fumée glisse vers le visage lisse. Elle pique un peu les yeux, comme dans une chanson de Dinah Washington – j’allais dire « belle chanson », quel indélicat pléonasme. Les fauteuils de velours rappellent ces théâtres où nous allons à l’occasion. J’aime toucher le tissu, sentir la chaleur des années. Je repense à cet après-midi, le parc, les enfants, le soleil. J’ai vu la lumière changer le vert en doré. Les rayons mordillaient les feuilles qui tombaient de plaisir sous la caresse inattendue. Même les cris des enfants devenaient mélodieux, c’est dire la magie du moment. Allez, accordons-leur le bénéfice du doute : peut-être deviendront-ils comme moi.
Je suis comme tout le monde : réfractaire à ce qui ne me plaît pas. Un homme peut être noir, blanc, rouge ou jaune, s’il est habillé en Agnès b. il est mon semblable. On se reconnaît. Je me moque de ses origines, très honnêtement elles ne m’intéressent pas. Si peu de gens savent parler de leur passé, tirer la quintessence d’un lieu enfoui dans les limbes de la mémoire, décrire un parfum de glace en été.
Vous me détestez et vous adorez ça. Believe me, I know the feeling.
Le ballet des serveurs en tabliers noirs se poursuit, imperturbable. Les garçons de café parisiens sont les jazzmen de la restauration : instinctifs, intuitifs, doués pour l’improvisation, et, comme tous les gens de talent (j’ai bien dit de talent, pas de génie), cyclothymiques. Souriants un jour, imbuvables le lendemain. Allons bon, tel est notre lot à tous.
Tous sauf les « génies ». Le génie ne s’accorde pas avec la méchanceté – c’est juste antinomique, la discussion n’aura pas lieu. La réciproque n’est pas toujours vraie (malheureusement) : le gentil n’est pas toujours génial, loin s’en faut.
Une ligne de contrebasse et quelques verres de crème de whisky plus tard, nous voici sous les contre-jours d’un appartement haut de plafond. J’aime. Particulièrement ces poutres, là, oui, le bois me rassure – quelle ironie.
- Champagne ?
- Aurais-tu quelque chose de plus doux ?
- Whisky ?
- Parfait.
Les conversations des bonnes âmes savent s’épargner les palabres inutiles.
- Salle de bain ?
- Cuisine.
- Chambre ?
- Bureau.
- Après vous…
Puis un matin qui enchante – remerciements à la sainte patronne D. Washington qui poursuit son inexorable entreprise d’emprise. Elle est « mad about the boy » et se répète à l’infini par les enceintes du système haute définition aux lignes épurées.
Nous partirons à l’aube croiser les chevaux dans le parc central, nous lancerons des miettes aux moineaux sur le ferry boat, nous goûterons la brise dans nos cheveux : la vie sera donc une publicité pour Hermès (le côté martial en moins).
Ou nous partirons en TGV, à la poursuite du Sud Eternel, plonger dans les étoffes vives et colorées, nager les yeux remplis d’or, à dos de mer, repas qui chantent et cigales qui dorment : la vie sera donc une publicité pour Christian Lacroix.
Une vie portée par la chaleur de l’air qui s’évade des sous-bois, par l’eau qui s’envole de partout. Un nuage qui éblouit les yeux, qui épouse les courbes, qui embaume le nez, qui caresse les mains ; de la pureté comme des éclats de chocolats.
c'est pas la Croix Rouge ici
La règle numéro deux peut engendrer une exception dans la règle un : il faut être prêt à supporter les conséquences de ses actes, pour le reste de sa vie et plus encore. Rien de bien original (merci Nietzsche). Parce que si tu assumes ton envie de bagnole à la con, alors tu peux prendre un crédit et faire un job pourri pour le rembourser.
Voilà, je pense avoir fait le tour. Et puis détourner le regard aussi ; très important ça. Quand un clodo te demande « une pièce ou une cigarette ou un ticket repas ». Fermer très fort les yeux pour continuer à t’apitoyer sur ta vie et tes problèmes psychologiques.
Détourner les yeux quand une vieille se fait écrasé devant toi. Parce que tu n’y es pour rien, et que c’est pas ton problème merde, tu es déjà en retard bordel.
Détourner le regard quand tu fais pleurer quelqu’un. Capital. De toute façon tu as la règle numéro deux, non ? Alors de quoi tu te plains. Si tu veux foutre une vie en l’air, c’est ton droit. Les gens n’ont qu’à pas être aussi con, c’est tout.
Détourner le regard quand on te tend la main. Etre redevable ? Et puis quoi encore ?
Détourner le regard pour voir se profiler les détours. Malhonnête ? OK. Quoi que…
2 octobre 2006
Midnight Sun
Les accords d’une chanson des Beatles me rappellent que je déteste qu’elle aime – des musiques, des films, des gens. Pas assez de finesse, pas assez de culture, pas assez le droit je crois.
Les voitures éclaboussent des jeunes filles qui ne rient pas. La lumière tombe comme dans un film de Sofia Coppola. Paris résiste, les gens ont froid.
Je suis peut-être parvenu à tout dire sans rien prononcer, mais il me semble que les personnes concernées n’ont pas entendu.
6 septembre 2006
Sketch pour les Robins des Bois (de 2002)
Marina (s’adressant à Elise) : …et donc c’est comme ça qu’on s’est souvenu que tu ressembles à Guy Lux.
Elise : Aaah…
Pef débarque dans le bureau, essouflé.
Pef : vous devinerez jamais ce que je viens de voir !
Maurice : ton sexe ?
Pef : ah ah, c’est très drôle ça.
Marina : si c’est Guy Lux t’as confondu avec Elise.
Pef : mais de quoi tu parles ??
Elise : de…
Tous : ta gueule Elise !
Maurice : Bon, t’as vu quoi alors ?
Pef : J’ai vu Jean-…
Jean-Paul entre dans le bureau, l’air satisfait.
Jean-Paul : Qu’est-ce que tu as vu, Pef ?
Pef : J’ai vu Jean-Paul et…
Jean-Paul : tu es sûr de vouloir continuer ta phrase, Pierre-François ?
Pef : Héhé, tu flippes hein !
Jean-Paul : non, mais je crois que tu vas faire une bêtise.
Pef (en riant) : ahah, c’est trop la honte !!
Maurice : bon tu la chies ta chiasse ?!
Marina : eh non mais doucement…
Maurice foudroie Marina du regard. Elle baisse les yeux.
Maurice : alors ?
Pef : et ben Jean-Paul était dans les toilettes avec la nouvelle stagiaire !!
Tous : Oooh !
Marina : C’est vrai ?
Jean-Paul : Peut-être, mais Pef faisait caca.
Tout le monde éclate de rire.
Pef (rit, mal à l’aise) : eeeh non, c’est même pas vrai !
Jean-Paul : Si.
Pef : ouais mais lui il était en train de se taper la stagiaire moche !
Jean-Paul : Peut-être, mais je n’étais pas en train de faire caca.
Rire général et désapprobation.
Marina : bon on va déjeuner ?
Maurice : allez on y va. (tout le monde se dirige vers la porte). Non, non, pas toi pause caca, tu restes là et tu te laves les mains.
Pef : Mais…
Jean-Paul (en aparté avec Marina et désignant Elise) : mais depuis quand on connaît Guy Lux ?...
Créer
Les bloggeurs sont face à 2 mensonges : ils ne créent pas, et publient encore moins.
La vie en société est ainsi régentée par une multitude de petits mensonges dont on s'abreuve, et qui par leur innocence s'infiltrent sans révolution dans nos esprits étriqués.
"L'adjectif est l'ennemi de l'écrivain" ; je suis un créateur en guerre.
28 août 2006
Sans commentaires
Elle était plutôt sûre d’elle. Sincèrement, je ne pouvais pas la contredire. Y a qu’à voir les beaufs, les bœufs, les brutes. Les zigouillés de la cervelle, les amputés du ciboulot, les tâches, les tâcherons et les diminués cérébraux qui nous pourrissent la vie à la moindre occasion. Tout rassemblement excédant trois personnes est fatal. Les champions parviennent même à être casse-couilles à deux. Bref, l’abruti, est-il besoin de l’expliquer une fois de plus, est un petit être tout chétif à l’intérieur. C’est pour ça qu’il agite ses gros bras, qu’il brasse de l’air avec son claque-merde et qu’il s’agite pour remplir l’espace autour de lui (de préférence une surface assez vaste, stade, salle de concert, supermarché). Tout ça pour prouver qu’il existe, pour extérioriser ce vide dans sa grosse tête, parce que trou béant est terrifiant et qu’il vaut mieux l’imposer aux autres que le supporter seul.
Le benêt, le demeuré, en résumé le lourd, s’apparente de prime abord à l’animal, mais je ne crois pas à la pertinence de cette vision. Un animal n’est pas limité ; un animal réagit « bêtement » (ces réflexes acquis suite à des milliers d’évolutions successives pour s’adapter à l’environnement sont tout sauf stupides), sans intention de nuire ou d’emmerder ses congénères. Il n’a pas le choix, c’est tout. C’est un être d’instinct, par opposition à l’espèce supposée intelligente. L’être humain lourd demeure impardonnable.
23 août 2006
"Ouaip, mon général"
Le général n’était pas content. Il fallait le comprendre, le pauvre homme bégayait tout seul depuis 14 ans dans un hospice ensoleillé du mouroir à vieux (la Côte d’Azur).
« me foutre en asile de vieux, mais franchement, tu m’as regardé petit ? enfin c’est pas une fin ça, on n’a pas idée, un homme comme moi, oh c’est pas vrai »
Je savais pas quoi lui dire au général. Il avait sans doute raison, si ce n’est que lorsqu’on pisse dans son falsard quatre fois par jour faut pas s’étonner de plus être invité dans la famille.
« une génération de plus perdue dans le siphon, je vous regarde tourbillonner au fond de ma baignoire, parasites »
Il avait ses phases, papi. Oh, un vieux parmi d’autres. C’est un peu comme les bébés : ils se ressemblent tous. C’est curieux, on passe sa vie à essayer de se départir de la ressemblance de l’enfance pour finir tous identiques. Une démonstration de plus de la vanité de nos efforts, de l’inutilité de notre quête.
« je veux qu’on me foute la paix maintenant mon garçon, tu comprends ça toi, hein ? je t’ai pas connu beaucoup mais je te ressemblais pas mal quand j’avais ton âge »
Oui mon petit vieux, je comprends. Si on doit faire un léger bilan, je comprends un peu trop d’ailleurs. A force de jouer les ténébreux solitaires, j’en avais vu passer des amis. Généralement, je les voyais de dos. Ils partaient.
« de toute façon, on est seuls jusqu’au bout, faut pas croire que ça change avec l’âge, oh non »
Cet espoir-là de toute façon, je l’avais brûlé en même temps que les lettres d’amour de ma première déception. Je n’en doutais pas, la fin serait lugubre, chaotique, mais prévisible. Avec une paire de Ray-Ban sur les yeux. Frondeur et arrogant. Mes derniers mots ne seront pas plus tendres que les premiers.
14 août 2006
Esprit es-tu là?
Les heurts de la fumée de cigarette cabossent mon esprit attristé. Je devrais contacter Charlie Kaufmann pour écrire un scénario qui s’appellerait « Inadaptation ». Assez intelligent pour réprouver les comportements bestiaux, pas suffisamment pour ne pas se laisser atteindre. Assez intéressant pour garder un temps l’attention une fois découvert, pas assez pour parler avec sa famille ou avoir des amis plus de quelques mois. Assez sociable pour avoir envie de connaître d’autres personnes, pas assez pour rendre ce désir concret.
Quelque part au fond d’un piano-bar gît l’espoir « d’être à la hauteur ». Non, je ne cite pas Marc Lévy – quelle attaque facile. Là où la bêtise l’a emporté sur la lucidité, là où la fierté a laissé place à l’amertume, là où le beauf a vaincu l’auto-proclamé intellectuel (je n’assume pas ce titre que je me décerne ; on ne peut pas toujours être cohérent dans ce monde, voir paragraphe précédent), là j’ai renoncé une fois de plus à un morceau de moi. Sur le carreau, un bout de chair sanguinolente. Dans un regard, une cicatrice à ajouter aux stries de l’iris irisé. Sous une peau frissonnante, les battements de cœur fébriles des certitudes ébranlées. Prendre conscience du basculement possible, à portée de main, peur intangible accrochée à mes rêves. L’esprit est parti en voyage, laissant ses conséquences dans l’urgence. Banale histoire de fantômes d'une jeunesse disparue dans les volutes et les vomis d'années entières irréfléchies.
Cessons de brosser le tableau noir,
la craie indélébile gâche mes efforts volubiles.
8 août 2006
Nietzsche - "Le séducteur involontaire" (in Le Gai Savoir)
Et pourtant, à cause d'elle, une femme est tombée
5 août 2006
Après tout
27 juillet 2006
PIERRE
La journée passerait assez vite dans l’ensemble, de pauses clopes en expédition au sous-sol pour discuter avec les pigistes (un bon directeur doit avoir des relations de franche camaraderie avec les petits employés, mais uniquement ceux qui ne dépendent pas directement de lui, ne serait-ce parce qu’ils sont moins chiants que les cadres d’opérette). Assez régulièrement, j’irais prendre un verre d’eau ; et le temps de le boire, il y aurait déjà 10 bonnes minutes de passées.
Lorsque je m’ennuierais vraiment trop, je me rendrais dans les bureaux de mes subalternes angoissés. Je passerais la porte en imposant ma présence avec un sourire charmeur mais ferme. Je leur mettrais la pression en les rassurant sur mon appréciation de leur bon boulot (un directeur doit savoir engueuler puis rassurer ses ouailles comme une mère avec ses enfants ; d’autant plus si c’est un homme).
Je ne porterais que des t-shirts et des jeans au-dessus de mes pompes à 1000 euros. Lors de mes rendez-vous clients, si rares soient-ils, je serais ainsi ravi de pouvoir ressortir ce costume sur-mesure acheté le mois d’avant (un bon directeur a la classe, mais il ne rabaisse pas ses employés en les éblouissant tous les jours).
Quand je serais grand, je serais Pierre (un bon directeur n’en fout pas une mais c’est parce qu’il est très fort ; et seul les très grands peuvent reconnaître ce genre de talent).
13 juillet 2006
"Demandez conseil à votre pharmacien"
Je fais de l’apnée en salle de bain. La tête plongée dans ma baignoire, je saisis une nouvelle poignée de glaçons dans le seau à côté de moi. Foutus effets secondaires. J’ai l’impression que ma tête va exploser, un peu comme lors de l’utilisation d’un vasodilatateur célèbre. Ne voyant aucun gonflement suspect, j’ai préféré ne pas alerter la garde nationale et le comité international du respect de l’éthique médicale, d’où ma posture actuelle. Agenouillé sur le carrelage froid et dur (comment puis-je avoir mal aux genoux si jeune ?), les mains appuyées sur l’acryl renforcé blanc, je prends calmement ma respiration avant de remettre mon visage dans l’eau glacée. Pour l’instant, l’effet calmant tarde à arriver. Mais je ne perds pas espoir.
« La rumba est la danse afro-cubaine la plus ancienne ». Pour que cette phrase me vienne naturellement à l’esprit, deux possibilités : ou je regarde trop de documentaires sur France 5, ou mon sang a simplement décidé de pratiquer cette danse ancestrale sous la peau de mon visage. L’eau glacée du bain et le feu de la canicule ; rien de tel que le contraste pour penser aux tropiques quand on se brûle par le froid. Comme dirait ma mère : « c’est bien fait ». La prochaine fois, je regarderai la notice et j’éviterai de mélanger les médicaments. "Demandez conseil à votre pharmacien" qu'ils disaient...Pas con.
11 juillet 2006
un début possible
Elle m’a dévisagé pendant un moment qui a paru durer une seconde mais qui était plus proche d’une minute, puis a ramassé ses affaires et s’en est allée. Je suis resté seul dans le salon déserté, les lumières tamisées et le vin débouché inutilement. Je ne savais pas exactement pourquoi je m’acharnais avec elle ; peut-être de la paresse, peut-être pas. Je ne la connaissais pas depuis si longtemps que cela, et à vrai dire je me foutais pas mal de ce qui pouvait se passer entre elle et son « mec » / « ex » / « je ne sais quoi ». Après avoir entendu quelque chose comme un millier de discours du type : « c’est fini mais je ne sais pas où j’en suis », je m’estimais un peu compétent en la matière, et, ma foi, celles qui ne voulaient pas de mes conseils pouvaient très bien ramasser leurs affaires et s’en aller.
Les jours s’écoulaient avec une rapidité effrayante ; j’ai repris du fromage. Alexandre m’a demandé ce qui n’allait pas : « tempus fugit ». Sourire concerné : « mais sinon, ça va ? » Je lui retournais la question, le faisait parler quelques minutes, mais il ne s’est pas laissé embarquer bien longtemps. A force de choisir des amis attentifs, je me retrouvais à raconter ma vie trois fois par jour car je ne savais pas mentir.
- Comment s’appelle-t-elle ?
- Dis-moi, Alex, comment se fait-il que dix ans après nos vingt ans nous en soyons encore là ? À discuter filles sur une terrasse de café, surtout à savoir que si quelque chose cloche c’est probablement à cause d’une femme ? Je veux dire, le cadre a changé, c’est sûr, c’est un début, on est plus à l’Up, on est au Flore, très bien, mais à part ça ? Elles ont servi à quoi ces dix années si je suis encore là, déballant mes histoires foirées ou foireuses, et toi toujours stable et heureux et épanoui ? Je ne suis pas jaloux, tu le sais, du moins pas de manière négative. Bien sûr je t’envie, mais je suis heureux pour toi. Qu’y a-t-il au juste qui ne va pas chez moi ?
En réalité je pose la question en connaissant parfaitement la réponse. Voilà pourquoi Alex baisse les yeux au moment où je lui demande. Déjà parce qu’il a une petite part de responsabilité dans cette histoire, ensuite parce que ce n’est jamais agréable de répéter cinq ans après le même prénom pour expliquer tant de déboires. Et puis, ce prénom, on en avait un peu marre en plus. On l’aurait même banni de toute conversation si ce brave Alex n’avait pas eu le bon goût d’épouser une fille ayant le même. Le monde est-il petit ou juste mal fait ?
De transitions ratées en reconversions catastrophiques, ma vie avait connu les heurts et déboires les plus classiques depuis mon « Waterloo » sentimental (ou était-ce Austerlitz, l’histoire n’est pas trop mon fort). Une de plus une de moins, aurait-on pu dire. Oui, mais précisément non. J’étais fatigué des essais condamnés d’avance avec des filles aussi effrayées que moi et décidément résolues à ne pas se donner une chance de réussir. « Sex & The City » et autres niaiseries avaient à mon sens fait d’irréparables dégâts sur toute une génération de jeunes femmes – ou plutôt de filles, je l’admets.
7 juillet 2006
ce n'est pas la dolce vita
Tous les soirs sans fin
Je traînais sur ma Vespa
Dans mon gilet de satin
C’était la Dolce Vita
Ma vie tourne sur elle-même comme une boucle vide de chanson électronique. Un sample sans âme qui aspire la réflexion, empêche toute avancée. Elle tourne tellement que je creuse le sol, je creuse jusqu’à m’enfoncer bien profond. Je prends les clés de ma voiture sur le petit meuble de l’entrée, et je pars chercher dehors ce que je ne trouve pas chez moi.
Les pièges se profilent toujours trop tard pour reculer. Dès que le mot arrive sur la langue, le mécanisme s’enclenche et ne relâche plus son étreinte jusqu’à l’hématémèse. D’un regard neutre l’esprit construit une histoire sans fin. Abondance d’un vocabulaire absolu : jamais, toujours, premier, dernier. Faut-il sans cesse oublier le passé, faire semblant de n’avoir rien connu ?
Je regardais ses yeux à m’en fatiguer la rétine ; je cherchais à percer la barrière bleue pour faire couler cet océan de passion. J’aurais voulu être une poussière pour naître de ses cils et mourir d’une caresse de sa main. J’aurais préféré ne jamais exister à son niveau, pour ne pas avoir à être trahi, pour ne pas avoir à la décevoir. Son prénom enchante mes rêves glacés, je transpire d’effroi lorsqu’elle cesse de se serrer contre moi. J’oublie ma vie quand elle m’efface de sa mémoire.
4 juillet 2006
Départ
Arrivé à la première bouche de métro, il entrouvre sa veste pour chercher son ticket. Son regard croise celui d’un vampire aux traits creusés, le dos légèrement voûté. Celui-ci se déplace en flottant, de l’acier dans les yeux. Absorbés par un halo d’obscurité, ses globes dévorent la lumière. Il remplace la foule l’espace d’un battement de cils. Puis Hugo réalise qu’il observe son reflet dans un miroir depuis trente secondes. Décidément, il est temps d’aller dormir au creux d’une épaule.
Son chemin rejoint celui de la station principale de la ville. Dans le tumulte des torrents humains, un sentiment d’anonymat lui glace le sang. Chez lui au cœur de cet absurde cohue, il se laisse envahir par l’absence de caractères exceptionnels. Des gens sans histoires. Heureux de partir en vacances, d’abandonner une routine pour une autre. Aucun ne s’interroge sur le sens de sa vie, ou tout bonnement sur la satisfaction réelle d’avancer ainsi dans le temps. En même temps, voici sans doute ce qui tient les régimes démocratiques en place. Si le peuple commençait à « se poser des questions »… On aurait simplement une révolution.
Hugo s’installe au fond de son siège, côté couloir. Il dispose à présent de 3 heures avant d’arriver à destination. C’est plus qu’il n’en faut pour parcourir ses 5 dernières années.